2023 11 – Essoufflement ou OPI
Activité
Plongée scaphandre
Date de l'événement
26/11/2023
Type de plongée
Plongée bouteille à l’air
Cadre de la pratique
Formation (enseignement, entrainement, examen)
Organisation
Club / Structure commerciale
Milieu
Naturel - Eau douce (lac, gravière, …)
Lieu du REX
La Graule, Centre, France
Situation du REX
Dans l’eau
Acteur ou spectateur ?
J'ai observé ce REX
Typologie de REX
Accidents - Essoufflement et pulmonaires
Description détaillée de l'évènement
Sous l'eau, palanquée constituée de 3 personnes :
- deux N2 en prépa N3 : le plongeur A, 21 ans, une cinquantaine de plongées environ et le plongeur B, 47 ans, une trentaine de plongées environ ayant déjà travaillé des remontées de 40m en carrière et une cinquantaine de plongées à leur actif environ
- moi, 40 ans, E3 et DP, environ 280 plongées.
Eau entre 10 et 14°C. Visibilité très correcte (5 à 6m) jusqu'à 35m de profondeur. Laiteuse en dessous.
Immersion à 11h25 :
La plongeur A a du mal à faire passer ses oreilles, nous patientons d'abord à 3m puis en surface le temps que ses oreilles s'accoutument au froid. Puis descente sans problème.
Après deux débuts de remontée à 35m par les 2 plongeurs (A d'abord, B ensuite) puis une remontée de 35m à 18m (assistance par le plongeur A) puis une de 35m à 15m (assistance par le plongeur B). Sur la redescente, à 18m, Le plongeur B fait signe « je ne vais pas bien ». Je procède à une remontée assistée jusqu'à 5 m en lui faisant signe d'expirer. Il semble aller mieux et n'est plus essoufflé. Il fait signe « ok ». Je décide d'effectuer 3min à 3m de palier de principe, nos trois ordinateurs n'indiquant pas de paliers obligatoires. Nous les faisons en longeant le bord pour revenir vers la mise à l'eau en horizontal. Je tracte le plongeur B. Il se met à tousser après 2min. Nous remontons donc et j'interromps le palier de principe. Il est 11h53 lorsque nous faisons surface.
En surface :
La toux ne passe pas. Le plongeur B est essoufflé. Je le tracte jusqu'à la mise à l'eau. Je le déséquipe. Je suis aidé en cela par un plongeur titulaire du RIFAP qui assurait notre sécurité surface. Le plongeur remonte sans bloc et va sous la douche avec sa combinaison. La toux continue. Il éprouve toujours des difficultés à respirer. Il est mis sous oxygène à 15L/min à 12h12. La toux ne passe pas. J'appelle le 15 à 12h35. Le médecin du 15 me dit de repasser à 6L/min. Nous attendons l'arrivée des pompiers. La saturation du plongeur B est mesurée à 96.
Prise en charge par les pompiers :
Les pompiers arrivent sur place et prennent en charge le plongeur. Ils nous questionnent sur les circonstances de l'accident. La palanquée est rassemblée à l'infirmerie mais les autres membres de la palanquée ne sont pas pris en charge par les pompiers. Aucune question n'est posée au plongeur A. Je tiens à disposition des secours les ordinateurs de l'ensemble de la palanquée mais ils ne nous sont pas demandés. Il est décidé d'emmener le plongeur B à l'hôpital pour observation.
Les pompiers reviennent ensuite avec le plongeur B sur le site de plongée pour une attente longue d'un hélicoptère qui ne viendra jamais. Pendant ce temps le plongeur B n'est plus qu'à 3L/min d'O2 et sous perfusion de sérum physiologique, perfusion qu'il décide ensuite de retirer. Il décide de refuser la prise en charge par hélicoptère au service de médecine hyperbare. Les pompiers le laissent repartir seul chez lui. Il est accompagné d'un ami N2 prépa N3 comme lui.
A 17h35, à ma demande, il est pris en charge par les urgences. Une radio des poumons et une auscultation sont réalisées. Le médecin déclare que c'est un essoufflement. Pas d'œdème. Le plongeur B rentre chez lui vers 19h30. Pas de symptômes dans la nuit ni le lendemain matin.
Commentaires / Analyse du déposant
Points positifs : le plongeur B n'a rien et pourra très certainement reprendre la plongée rapidement, une mise en situation réelle d'organisation des secours vaut toutes les simulations que l'on pourrait faire et permet de se remettre en question
Points négatifs : la prise en charge aurait pu être plus rapide de notre côté et moins brouillonne du côté des secours, le manque d'expérience sur l'organisation des secours nous a fait perdre de précieuses minutes. Si l'accident avait été plus grave, cela aurait pu porter à conséquence. Même si je suis un jeune encadrant, mon RIFAP date de 2016 et un recyclage ne serait pas de trop.
Matériel
Le plongeur B ne connaissait pas bien son matériel car c'était la deuxième fois qu'il utilisait sa nouvelle stab
Météo
Air très froid (quelques degrés °C), eau fraiche mais beau soleil
Fichier joint
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