2025 05 – Dérive en haute mer
Activité
Plongée scaphandre
Date de l'événement
30/05/2025
Type de plongée
Plongée bouteille à l’air
Cadre de la pratique
Loisir (exploration)
Organisation
Club / Structure commerciale
Milieu
Naturel - Eau salée (mer, …)
Lieu du REX
Océan Pacifique, Nouvelle-Calédonie
Situation du REX
Dans l’eau
Votre niveau de plongeur
Confirmé (pratique régulière en situation d’autonomie)
Niveau exact
N2
Votre âge
35 - 45 ans
Acteur ou spectateur ?
J'ai vécu ce REX
Typologie de REX
Incidents / Quasi-accident
Description détaillée de l'évènement
Première plongée en extérieur, super belle visibilité, je plonge en autonomie avec une femme, pas très sportive mais techniquement autonome sans problème.
Deuxième plongée, la houle entre 2,5m et 3m se lève, on change de spot pour plonger dans le lagon en bord de passe. Sauf que c'est tellement agité, que le sable est soulevé, c'est de la soupe.
Nous serons 2 palanquées, à l'eau sans personne sur le bateau.
Le briefing : il y a eu des mantas la veille, un requin léopard dans le coin. On palme dans la soupe pendant 15 minutes, on rejoint le bord de la passe puis on revient par le sable face au courant.
Je me mets à l'eau en autonomie avec ma binôme. Je vois que la deuxième palanquée se met aussi à l'eau. 1ère erreur : spot et profil de plongée risqués.
Il y a 0 visibilité, nous palmons dans la soupe, arrivons en bord de passe 15 minutes après car j'aperçois un peu de bleu dans ce nuage sableux. En réalité, il n'y a pas de tombant mais une pente sableuse qui s'enfonce progressivement.
Nous n'avons plus aucun repère à part le soleil. Le fond n'est pas visible, aucun référentiel et au bout de 20 minutes, je décide de sortir le parachute. Mais ma binôme me dit d'attendre encore espérant pouvoir retrouver un chemin : 2ème erreur.
Finalement je décide de sortir au bout de 30 minutes de plongée et à 35 minutes, nous faisons surface. Là je constate ce que je redoutais... Nous avons dérivé sur 1km toute la passe dans un nuage de sable et sommes désormais dans 3m de houle à l'extérieur....
Je vois au loin le bateau qui n'a pas bougé et qui attend notre parachute de fin de plongée. Mais nous sommes probablement trop loin pour être visible. Il y a 3 solutions concernant la 2ème palanquée :
- Soit ils sont encore sous l'eau en plongée
- Soit ils sont remontés plus tôt que prévu
- Soit ils sont eux aussi embarqué dans le courant... La pire idée car plus personne pour alerter...
Nous sommes donc 2 plongeurs à la dérive en extérieur. Je décide de ne pas rejoindre l'Australie à la nage, je me rappelle qu'il y a une bouée de mouillage de plongée à l'extérieur, alors je décide de la rejoindre et motive ma binôme à palmer... .
On s'écarte de l'axe de la passe et palmons pour rejoindre le récif extérieur où se trouve cette bouée. Nous palmons et ma binôme commence à s'essouffler. 15 minutes plus tard, nous arrivons à la bouée de mouillage mais le problème c'est que celle-ci est proche du récif et aspirée à 3m sous la surface à chaque vague. Nous sommes près du récif et désormais il faut palmer vers le large pour s'extirper du récif.
Toutes les 10 secondes, la bouée plonge vers le fond à chaque vague, mais j'y accroche la ficelle du parachute pour faire du mou. Celle-ci cassera, j'y mettrai le 2ème parachute qui cassera également. La puissance des vagues fait que les parachutes accrochés au mouillage cassent à 4 reprises au moins. A chaque vague je suis emporté vers le fond avec ma bouteille et mon gilet gonflé à bloc, j'équilibre en BTV en tenant le fil du parachute, j'ai l'impression de plongée en apnée en gueuse lourde.
À chaque casse on doit palmer à nouveau pour rattraper le mouillage au risque d'être projeté contre la barrière. Ma binôme est essoufflée, je la ramène vers le mouillage.
Je vois enfin le bateau de plongée sortir de la passe pour nous chercher mais celui-ci fait demi-tour et rentre dans le lagon. Il s'avère que la VHF était défectueuse et qu'il fallait appeler la capitainerie au téléphone pour faire le déclencher l'alerte au MRCC d'où le retour du bateau dans le lagon pour capter du réseau... : 3ème problème.
L'alerte est enfin donnée avec l'hélicoptère, etc... mais finalement le bateau nous aperçoit et arrive sur nous. Nous sommes trop près du récif pour remonter à bord, nous nous agrippons aux cordages des boudins et nous sommes extraits de la zone en marche arrière.
Nous serons restés à la dérive 1h environ. Nos ordinateurs ont été réquisitionnés et attesteront (me concernant) de plusieurs plongées à 3m avec cet effet tire-bouchon.
Au final, j'aurais dû lâcher mon parachute le plus tôt possible, ou mieux, ne pas plonger.
Commentaires / Analyse du déposant
J'aurais dû m'écouter et lâcher le parachute le plus tôt possible
Météo
Houle de 3m




