2023 07 – ADD ou mal de mer ?
Activité
Plongée scaphandre
Date de l'événement
30/07/2023
Type de plongée
Plongée bouteille mélange (nitrox, trimix, )
Cadre de la pratique
Loisir (exploration)
Organisation
Club / Structure commerciale
Milieu
Naturel - Eau salée (mer, …)
Lieu du REX
Mer des Açores, Portugal
Situation du REX
Sur le bateau
Votre niveau de plongeur
Régulier (pratique régulière)
Niveau exact
N2 - Nitrox
Votre âge
25 - 35 ans
Acteur ou spectateur ?
J'ai vécu ce REX
Typologie de REX
Incidents / Quasi-accident
Description détaillée de l'évènement
A l'été 2023, nouvellement titulaire d'un N2-Nitrox et avec une soixantaine de plongées à mon actif, j'ai profité d'un séjour aux Açores, à Santa Maria, pour plonger avec une structure commerciale locale.
Le 30 juillet, direction Las Formigas, j'embarque pour plusieurs heures de bateau semi-rigide sous un soleil au zénith. Je prends un cachet contre le mal de mer, je porte une casquette, un haut anti UV et ma gourde de 1L est pleine.
Après une exploration dont tous les feux sont verts ("No deco", 24m, 50min, palier de sécu de 3min à 5m, Nitrox 28), j'utilise l'échelle pour remonter à bord.
Soudain, des nausées, des vertiges, je peine à me déséquiper, j'ai très chaud et suis fatiguée, abattue, je préviens aussitôt que je ne vais pas bien. Je retire péniblement le haut de la combinaison humide, incapable de retirer le bas, et m'accroupis près du boudin pour y poser ma tête et fixer l'horizon. Je continue de dire que je ne vais pas bien. Les symptômes évoluent : en quelques minutes, mes doigts, mes mains puis mes avant-bras sont parcourus de fourmillements, je ne peux plus saisir d'objet (comme un gobelet) ni plier mes articulations. Puis mes lèvres et ma langue sont peu à peu complètement engourdies, j'arrive à peine à parler pour articuler "dive accident ??" car je repense aux symptômes de l'ADD fraîchement appris.
À bord pourtant, personne ne panique. Au contraire. Très zen. Seule une passagère, cliente comme moi, me donne à boire du thé au gingembre, dans un gobelet qu'elle porte à ma bouche. On me laisse m'assoupir en plein soleil et on me répète en boucle : "Sea sickness". Je me suis donc auto persuadée que ce n'était qu'un violent mal de mer, pendant des semaines et des mois.
Jusqu'à ce que j'en parle à mon médecin fédéral pour mon CACI, puis à mes formateurs RIFAP. Ils sont tous formels : cet évènement coche toutes les caractéristiques d'un ADD. Pourtant, strictement aucune réaction du gérant ni des plongeurs expérimentés. Ils m'ont même refait plonger 2h30 plus tard à 25m de fond (certains me disent que ça a dû aider à diluer la bulle coincée en moi, qui sait ?). Je sais aujourd'hui qu'en principe, j'aurais a minima dû être placée sous oxygène. J'ignore s'il y en avait à bord, et/ou si le gérant a voulu s'éviter une évacuation sanitaire à plusieurs heures de la terre ferme et saborder sa journée de 2 plongées avec pas loin de 10 clients.
Commentaires / Analyse du déposant
En points positifs, je retiens que je n'ai pas eu de complications majeures et que je serai désormais très attentive aux conditions de sécurité à bord et aux réactions des autres plongeurs, y compris à l'étranger et y compris en exploration avec une structure commerciale même si ce n'est pas vraiment mon rôle comme dans un club.
J'attacherai encore plus d'importance à l'hydratation et à l'exposition au soleil car je ne vois que ces facteurs aggravants pour expliquer ce fort probable ADD.
En points négatifs, je regrette de ne pas avoir insisté davantage sur la procédure d'ADD, d'avoir cru à la thèse du mal de mer devant leur ton persuasif et rassurant et d'avoir poursuivi mes plongées avec cette structure alors qu'elle m'a mise en danger.
Météo
Soleil, mer belle, température de l'eau à 24°C




